Aux Açores, la durabilité n'est pas un argument marketing mais un standard reconnu. Comment concevoir un séminaire d'entreprise éco-responsable sans renoncer à l'exigence corporate.
Une durabilité qui ne se résume pas à un slogan.
La RSE s’invite de plus en plus dans les briefs de séminaire, mais reste souvent un critère flou, coincé entre bonne intention et vrai changement de programme. Les Açores offrent un cas d’école inverse : l’archipel n’a pas construit un argumentaire durable après coup, c’est la géographie et l’économie locale qui l’ont rendu ainsi. Neuf îles volcaniques classées parmi les destinations leaders du tourisme durable (labels Green Destinations, QualityCoast), à deux heures de vol de Lisbonne : le décor impose de lui-même une manière plus sobre d’organiser un événement d’entreprise.
Ce qui rend l’archipel exemplaire.
Trois éléments concrets, vérifiables, plutôt qu’une promesse marketing :
- Une cuisine cuite par la terre : le cozido traditionnel de Furnas cuit plusieurs heures dans le sol volcanique, chauffé par la géothermie naturelle des fumerolles, sans four ni énergie fossile.
- Des vignobles classés UNESCO : les vins de Pico poussent dans des enclos de pierre (currais) construits à même la lave, un système agricole séculaire reconnu par l’UNESCO.
- Une observation encadrée, pas un spectacle : les sorties cétacés (plus de 25 espèces observables) sont conduites par des biologistes marins, avec un briefing écologique embarqué, loin du tourisme de masse.
Réduire l’empreinte, sans complexité inutile.
Un séminaire éco-responsable ne demande pas un cahier des charges compliqué, mais quelques choix structurants pris en amont.
- Une seule île : concentrer le programme sur São Miguel (ou Pico, ou Terceira) plutôt que multiplier les vols inter-îles limite l’essentiel des déplacements internes.
- Des prestataires locaux : traiteurs, guides et biologistes de l’archipel plutôt que des intervenants importés, un principe que Solcanto applique sur l’ensemble de ses destinations.
- Un hébergement pensé pour ça : plusieurs adresses de l’archipel sont éco-conçues, dont un resort face à l’océan sur São Miguel.
- Des expériences qui existent déjà : cozido, vin de Pico, whale watching encadré, bain thermal à Terra Nostra : la durabilité y est le terrain, pas une activité ajoutée au programme.
Le principal poste d’empreinte reste, comme pour toute destination lointaine, le vol vers l’archipel. Les entreprises qui souhaitent aller plus loin peuvent choisir de le compenser en complément du reste du programme.
Budget et jauge, sans surprise.
Les mêmes repères que sur le reste du pays s’appliquent : à partir de 250 € par personne et par jour tout compris en hôtel 3★, 350 € en 4★, 450 € en 5★. Côté capacité, les plus grands hôtels de São Miguel accueillent jusqu’à 120 personnes ; au-delà, deux options : privatiser plusieurs établissements, ou répartir le groupe entre São Miguel et Terceira. Comptez 4 à 6 mois de délai pour un format standard, 8 à 12 mois pour une haute saison (mai à octobre, la période la plus stable côté météo et observation des cétacés).
Le rôle d’un DMC local.
Une démarche RSE crédible se vérifie sur le terrain : qui cuisine, qui encadre les sorties, où dort le groupe. Un DMC francophone présent aux Açores sélectionne des prestataires locaux, vérifie leurs pratiques et porte la responsabilité du programme le jour J. Décrivez-nous votre projet : format, jauge, saison, budget. Réponse chiffrée, programme jour par jour, sous 48h.
Écrit par Fabio Conceição, à Lisbonne.